Theâte et EAC

Des ateliers animés par des comédiens ont permis à plusieurs classes de s’entraîner à l’oral les 5 et 7 mai, en salle polyvalente et au CDI du lycée.

Aux manettes : Régis et Cathy, de la Compagnie La Patte de lièvre.
« Avoir peur de parler devant les autres, c’est la deuxième plus grande peur au monde… juste après celle de mourir. » C’est par cette phrase que Régis a ouvert l’atelier, posant d’emblée le cadre : « cette peur est humaine, presque universelle. L’enjeu aujourd’hui est donc de comprendre comment dépasser cette peur. »

Pour les élèves de 1re STMG et STI, cet atelier s’inscrivait dans la préparation de l’épreuve anticipée du bac de français, conformément aux objectifs fixés par leur professeure de français. Les textes travaillés étaient ceux du corpus étudié en classe. Chaque élève a lu un texte du programme à voix haute, et a été corrigé et conseillé par Régis ou Cathy. Posture, articulation, expressivité : tout a été passé en revue pour aider chacun à prendre de l’assurance.

Pour les élèves de seconde (1 et 3), la rencontre avec les comédiens s’inscrivait dans la continuité d’un travail sur la lecture à voix haute et la compréhension des textes, réalisé en début d’année au CDI. Ici, pas d’échéance d’examen, mais un objectif plus global : apprendre à gérer le stress, l’appréhension de la lecture publique, et renforcer la conscience de sa voix comme de son corps. Parmi les exercices proposés, certains permettaient de prendre la mesure de l’engagement physique nécessaire à la prise de parole. Par exemple, cinq élèves tournaient le dos à un autre, qui devait en faire se retourner un seul en s’adressant à lui par un simple : « Toi, retourne-toi ! » L’expérience montrait combien la voix ne vient pas seulement de la gorge, mais mobilise tout le corps.

Ces ateliers nous ont rappelé une réalité essentielle : la prise de parole n’est pas un don. Elle s’apprend. Peu importe le niveau de départ, il s’agit avant tout de méthode, de travail et de répétition. « Peu importe si tu bégayes, si tu es super émotif·ve ou si tu rougis facilement », insiste Cathy. « Tout le monde peut progresser. »

Et le message est bien passé. Nombreux sont ceux qui ont souligné l’apport pratique des intervenants : « Ils montrent comment faire, au lieu de juste expliquer… c’est concret, c’est bien.» Le fait que ce ne soit pas leur professeur habituel crée aussi une autre dynamique, parfois plus propice à l’essai, au lâcher-prise. Ce que leur professeure de français confirme : « Même les élèves les plus réticents en retirent quelque chose. On ne le voit pas toujours tout de suite, mais il y a un avant et un après. Ils gagnent en confiance. Et certains en avaient vraiment besoin. »

Car au-delà du bac ou du lycée, l’enjeu est bien plus large. Savoir s’exprimer à l’oral est une compétence essentielle pour les échanges professionnels, pour les relations humaines, pour la vie quotidienne tout simplement.

Travailler l’oral, c’est aussi travailler sur soi. Cela interroge notre rapport au corps, à la légitimité de notre voix, et à la manière dont nous communiquons dans un monde de plus en plus numérique. De là naît une autre réflexion : si l’engagement physique est si important, même quand on ne se voit pas, qu’est-ce que cela implique pour nos communications d’aujourd’hui, de plus en plus dématérialisées derrière des écrans ? Quand la voix passe par un écran, que reste-t-il de sa présence physique, même discrète ? Et qu’est-ce que cela change, dans la manière de se faire entendre… ou de vraiment s’écouter ?

MH

 

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